Sokutsu

Shinwa

Sylphia

Shirufuia

samedi 12 juin 2004, par Areyos Alektor

Une bien belle production que voilà nous proposant un shoot sur fond de mythologie, qui gagnerait à être plus connue mais surtout à être moins cotée.

Qui es tu ?

Fondé en 1909, Tokyo Shoseki est spécialisé dans l’enseignement. Leur spécialité sont les manuels d’apprentissage jusqu’en 1968 où leur filiale dédiée à l’impression deviendra indépendante (Tokyo Shoseki Printing Co.). Ils vont par la suite diversifier leurs activités même si leur domaine restera l’apprentissage. Les nouvelles technologies ont fait, en toute logique, leur apparition parmi les outils utilisés. Cela se traduit essentiellement par des logiciels dédiés à l’éducation. Mais pour nous joueur, ce qu’il est important de savoir c’est qu’ils ont ouvert une branche dédié à ce marché en pleine expansion qu’est le multimédia.

On peut se demander quel est le lien entre Tonkin House et Tokyo Shoseki, la réponse en est relativement simple : il s’agit de la filiale d’édition de jeux vidéos de cette dernière, qui ne l’oublions pas est un éditeur à part entière.

A leur actif ils comptent un bon panel de jeux obscurs dont un certain nombre sont sorti sur MSX (ou NES comme Tombs & Treasure) sur la fin des années 80. Néanmoins dans les années 90 certains titres se sont fait connaître dans nos contrées. C’est le cas par exemple de Romancer ou Elysion sur NES. Plus proche de nous encore, puisqu’il a bénéficié d’une localisation, Super Tennis édité alors par Nintendo sur la SNES. Parmi les titres plus ou moins connu édité par Tonkin House on peut citer : Princess Blue : Hime Kishi Monogatari GBA, Juggernaut Playstation, V-tennis 1 et 2 Playstation, Cyber Dodge PC Engine, Cyber Knight PC Engine, Cyberpunk Dodgeball PC Engine, Ys III : Wanderers from Ys SFC, Ys IV : Mask of the Sun SFC, D -> A : Black Playstation 2, Missing Blue Playstation 2, ...

Le jeu qui nous intéresse aujourd’hui a été développé conjointement par Compile et Tonkinhouse comme cela avait été le cas pour Gunnac sur Famicom, ou Falcom (/Tonkinhouse) et son Ys 4 Mask of the Sun.

Le jeu

L’intro place d’emblée de jeu l’ambiance qui va émanée tout le long de ce titre. On y voit une cité antique dévastée par des démons. Une jeune fille va tout de même si opposer avant de finir par être terrassée, submergée par le nombre et la fureur de ses assaillants. Mais avant que la cité sombre totalement dans le néant, une étrange lueur va venir ressusciter notre brave héroïne mort au combat. Il lui en poussera des ailes, lui permettant ainsi de jouer à pied d’égalité avec les terreurs de service.

Avec ses nouvelles facultés, et sa vitalité retrouvée, elle s’en va en guerre contre les forces démoniaques. Elle rencontrera tout le long de son aventure diverses créatures, et paysages, issue de la mythologie. L’univers exploité est assez mystique, ce qui nous change radicalement des habituels vaisseaux de métal que l’on retrouve dans la plus grande majorité des productions du genre.

Le jeu porte le nom de Sylphia tout simplement parce que vous allez jouer une Sylphide. Elles viennent de la mythologie Celte, où le Sylphe est le génie de l’air. Elles sont donc tout simplement les femelles des Sylphes. Leur représentation est toujours sous forme de jeune femme belle et gracieuse, doter d’ailes de papillon. Autre emprunt au monde Celte, les fameux quatre éléments symbolisant les bases de notre univers. Le reste bascule sur les légendes grecques pour nous servir des décors et un bestiaire donnant dans la force de caractère.

Il est à noter que l’héroïne se nomme Silphia et non Sylphia. Si le scénario n’a pas l’étoffe d’un Odyssée d’Homère, il exploite néanmoins suffisamment les bases de la mythologie pour offrir un univers riche en contenu pour un Shoot The Up. En effet vous partez affronter la horde d’Hadès, la rébellion gronde, l’espoir est entre vos main. Mais la tache ne sera pas aisée. Hadès n’est ni plus ni moins que le dieu des enfers, le roi des morts. C’est lui, qui du haut de son trône, va diriger les âmes des trépassés. Vous serez confrontés à ses créatures les plus terrible. Arriverez vous à traverser le Styx ?

  • Système de jeu

Silphia se contrôle en toute logique avec la croix multidirectionnelles, vous laissant la possibilité de choisir la vitesse de ses déplacements à l’aide du bouton SELECT. Le bouton II vous permet d’utiliser l’arme principale et l’arme secondaire, tandis que le bouton I sert à faire appel à l’attaque céleste. L’arme principale et l’arme secondaire sont liées. Elles sont au nombre de 4, toutes différentes et accessible par le biais de sphères de couleur représentant les 4 principaux éléments (terre, eau, feu et air). Il est possible d’augmenter leur puissance en reprenant une sphère de même couleur jusqu’à atteindre le niveau 4.

Outre les sphères, le jeu propose différents items qui vont vous permettre de récupérer de l’énergie ou de charger l’attaque spéciale. Silphia possède 2 coeurs lui permettant d’encaisser des coups avant de passer à trépas, il est possible de les récupérer. Les continus sont quant à eux disponible à l’infini.

Le jeu s’avère assez long avec ses 8 tableaux qui sans aller à s’éterniser vont vous retenir pendant un temps non négligeable. Surtout que le challenge est tout sauf absent, la difficulté étant d’un bon aloi. Les boss de milieu et de fin de tableau font vous donner du fil à retordre loin des concepts non-abscons de la pseudo pluralité du néant d’un classique du genre. Chacun vous proposera une attention toute particulière puisque pour en venir à bout il faudra faire preuve d’une stratégie, unique une à une pour les 16 confrontations qui plus est. Quatre niveaux de difficulté (Easy, Normal, Hard et Special Hard) sont au rendez-vous afin de s’adapter à votre talent de bretteur inter-éléments. Vous l’aurez compris, sans révolutionner le genre ce titre va toutefois combler le plus exigeant des shooteurs invétérés.

Le niveau de difficulté est donc élevé, au point de rendre le One Credit délicat à obtenir. Mais contrairement à ce que l’on pourrait penser il n’est en rien du à un coté vicieux des familles comme cela peut être le cas pour un Super Star Soldier allons nous dire. Il est donc accessible à un joueur normalement constitué mais demandera un entraînement intensif pour se faire. Le petit truc à connaître est que les armes ne sont pas équilibrés, pour réduire les contraintes du à l’adversité vous pourrez donc recourir à l’utilisation abusive du pouvoir de l’eau qui sera salvatrice à plus d’un égard.

  • Réalisation

Visuellement le jeu est dans l’ensemble plutôt agréables, les décors tout comme pour Seirei Senshi Spriggan ’91 (dont on retrouve ici une bonne partie des routines) vont de moyen à très joli. Certains passages son détaillés à souhait avec des couleurs bien trouvées. Les sprites sont fins, détaillés et bien mis en couleurs. Les effets sont tout particulièrement réussi. Mais la part belle revient aux boss qui sont splendides. Que se soit dans leur conception que leur design ils me font penser à certaines productions de chez Falcom. Mention spécial au final que j’ai trouvé effroyablement convaincant à tout niveau (boss et cinématique). Mais il reste dommage que le System Card 3 n’ai pas été plus exploité que ça, il se rapproche trop de son grand frère qui lui tourne sur la seconde carte système.

L’animation n’est pas en reste même si on notera qu’il manque de parallaxe dans sa globalité. Il faut toutefois relativiser car certains passages font preuve de trouvailles bien cherchées. Les différentes animations que se soit pour les sprites ou le décors ne décevront pas, tout particulièrement pour les boss. Le scrolling vertical est fluide, rapide avec quelques accélérations bien senties. Le nombre d’éléments gérés à l’écran est par moment tout simplement jouissif. Mais il faudra malheureusement attendre le milieu du troisième tableau, que le jeu démarre véritablement, pour qu’aussi bien techniquement que dans son intensité le jeu fasse preuve de toute sa (dé ?)mesure.

Les bruitages mêlent avec habilité le PSG et l’ADPCM, ce qui dote ce jeu d’un large panel de sons. Le résultat est efficace et conviendra parfaitement, même si cela manque un peu de présence. Les développeurs ont gentiment intégré un Sound Test dans le menu d’options.

Une chose qui m’a surpris au niveau de la banse son c’est l’absence de doublage (qui se fait cruellement sentir), mais plus étonnant encore est l’utilisation des sons du jeu pour sonoriser la cinématique d’intro (le fond musical étant une plage CD). Je ne me rappel pas avoir déjà entendu ça dans un autre titre.

Les musiques viennent du studio LMS Recordings (Compile), bande son dirigée et produite par Katsumi Tanaka (http://www.katsumi.com/. Ce monsieur est une star au Japon, et il ne vous est pas inconnu. Je vous en avez déjà parlé pour Spriggan ! On retrouve aussi Satoshi Shimazaki connu pour les musiques de Dennin Aleste sur MEGA-CD (au coté là aussi de Katsumi Tanaka). Je ne connais pas par contre les autres personnes ayant participées, donc si quelqu’un à des informations je suis preneur. Maintenant, malgré tout ce beau linge, je dois reconnaître que je n’ai pas accroché à leurs compositions. Probablement à cause du manque de fil directeur, mais j’ai trouvé que c’était trop bariolé. Finalement cela manque de véritable ambiance. Quelque chose de plus classique aurait sûrement mieux convenu.

La maniabilité est sans reproches. La prise en main est instinctive, le système efficace. Ce titre se montre très précis, bien lisible au niveau de l’action. Il est toutefois dommage que les armes n’ai pas plus de profondeur. Il y a un certains déséquilibre qui va rendre certaines armes plutôt suicidaire par moment comme celle de la terre tandis que celle de l’eau se montre quasiment toujours efficace. Pour palier les difficultés le personnage a 3 vies, que vous pouvez récupérer en cours de partie.

  • Phelios

Comment ne pas évoquer ce titre alors que nous parlons d’un jeu de tir à scrolling vertical exploitant la mythologie ? Et bien tout simplement parce que la comparaison s’arrête ici, le jeu de Namco étant loin d’être une réussite. Le jeu propose quelques bonnes idées mais s’avère beaucoup trop insipide pour être intéressant. La réalisation est plus proche de ce que l’on peut voir sur les gros titres Master System que sur les grosses pointures de la 16 bits de Sega, la faute au choix d’utiliser une cartouche de 2 Mbits…

P.-S.

Au final

Le jeu est plus qu’intéressant à traverser, mais une fois finit vous n’y reviendrais pas de sitôt. Non pas qu’il soit mauvais malgré ses défauts (les armes auraient demandées à être plus travaillée, le jeu tarde à vraiment démarrer, les musiques sont décevantes, cela manque de cinématique hors intro et fin), le plaisir est réel. Il regorge de bonnes idées que se soit pour les tableaux que le bestiaire qui ne se contente pas d’être une simple représentation de créatures légendaires. Le véritable soucis c’est l’absence de plus. Il n’y a pas de modes supplémentaires ni de multijoueurs, tout comme il n’y a rien à débloquer. Le score est plus que mis en retrait par un jeu qui se veut plus une traversée dépaysante qu’un apparat pour maniac shooting dans l’âme. Le hic c’est qu’il est quand même un titre à découvrir mais que sa cote se montre trop rebutante pour être logique dans sa fatalité. En faire l’acquisition est loin d’être une mauvaise chose mais je sollicite votre attention sur le fait que je lui préfère Spriggan, plus captivant à mes yeux.

Bonus : vous pouvez visionner le message d’erreur (affiché lorsqu’un mauvais System Card est utilisé) en appuyant simplement sur le bouton I quand le jeu se charge.

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