Sokutsu

Team Andromeda

Panzer Dragoon Orta

La saga se poursuit

vendredi 2 mai 2003, par Areyos Alektor

La série s’est taillé une réputation de choix au sein des joueurs, une véritable légende vivante en la matière. Qui n’en a jamais entendu parlé ?

Une ambiance fabuleuse en partie grâce à son design visuel et sonore, venant narrer un scénario d’excellente facture. Ce nouvel opus vient combler le manque auprès des nombreux fans de la série et permettra aux autres de la découvrir sous les meilleurs auspices.

La série :

La série a été réalisée au départ par la Team Andromeda sur Saturn, qui a créé un univers d’une très grande force. Tout ici à bénéficié d’un travail d’une grande profondeur. On peut le voir notamment au niveau du design, inspiré par les travaux de Moebius, créant un visuel sans faille mais surtout intemporel. Et pas en reste, la bande son fait partit de ce qui se fait de mieux. Les musiques sont parmi les plus belle que j’ai entendu, pleines d’émotions fortes et unique dans leur conception. Pour ne rien gâcher une langue a été spécialement développée pour la série (le Panzerese) et renforce l’impression d’être dans un autre monde. Basée sur l’ancien Grecque, elle est un savant mélange d’allemand, de latin et de japonais. Pendant le jeu les personnages parlent cette langue de vive voix, accompagné par des sous titres (japonais ou anglais suivant la version).

La série est constitué de 3 actes (avant Orta) :

-  Panzer Dragoon, sortit le 30 mars 1995 cet épisode est donc le premier et point de départ des séquelles. Vis à vis de l’histoire dans laquelle évolue le jeu il s’agit de la seconde partie, et narre les aventures de Kyle.
-  Panzer Dragoon 2 Zwei (qui veut dire 2 en allemand), sorti le 22 mars 1996 il est le second épisode. Il s’agit de la première partie de l’histoire, narrant les aventures de Lundi.
-  Panzer Dragoon Saga (Azel : Panzer Dragoon en japonais),sortit le 29 janvier 1998. C’est la troisième partie de l’histoire, qui vous conte les aventures de Edge.

Le premier épisode posait les bases au niveau du background et du design (visuel et sonore). Le gameplay quant à lui n’en était encore qu’à ses balbutiements. En effet le jeu est assez limité et complètement linéaire, il vaut tout de même le coup d’être fait, ne serait que pour voir l’évolution mais surtout connaître l ’œuvre dans sa totalité. Sinon il vous manquera un pan assez conséquent. La réalisation, si elle marquait le pas pour le passage à la génération des 32 bits, a bien vieillit notamment en comparaison avec le Zwei ou le azel. Le 2 ne marqua pas une évolution, mais plutôt une repensée. C’est dans cet épisode qu’apparaît l’évolution du dragon, mais aussi la possibilité de prendre des chemins différents. La scénarisation a pris aussi du galon grâce à une mise en scène plus riche et une intégration plus forte (cut scene). La réalisation est une petite merveille, et c’est un vrai régal de traverser les niveaux. En regardant Zwei et Orta, on se rend mieux compte de l’excellent travail qui avait été effectué.

Si les 2 premiers sont des Shoots sur rail, le Saga quant à lui est un RPG mixant avec brio ce qui a fait la force des 2 autres et un jeu d’aventure. Au niveau des combats, c’est un savant mélange entre RPG et celui des Panzer Dragoon « classique ». Il s’agit en quelque sorte de l’aboutissement de la série, surtout vu sa richesse. On peut donc espérer que le succès d’Orta sera suffisant pour leur donner l’envie de faire une suite.

OAV :

Il en existe une d’une durée de 30 minutes et sortie en 1995 au japon, adaptée aux USA en 1996. Elle n’a pas laissé un souvenir impérissable. Le scénario (affrontement entre 2 dragons, embarquant le héros de l’histoire - Kyle - dans une folle poursuite) et les dialogues sont à la limite du pathétique (surtout du à un manque de profondeur). Il ne lui reste que la réalisation qui mélange, pour la première fois dans un dessin animé, animation traditionnelle et CG (Computer Graphic, ou image de synthèse), mais de qualité inégale. La 3D permet une grande souplesse d’animation et de jolis effets, mais malheureusement desservi par une 2D assez pauvre au final (les dragons sont notamment très décevants). L’ensemble s’avère risible et bien en deçà des jeux.

Inspiration :

- Le design :

-  Moebius : cliquez ici pour accéder à la page annexe.

Je pense que c’est Harzack (Arzack) qui est la principale source d’inspiration. Publiée à l’origine dans Metal Hurlant (à ses débuts, en 1975) dont la particularité était l’absence de texte et surtout un tournant majeur dans l’aproche graphique, Choix du réalisme avec une qualité de finition comparable à ce qui est fait en matiére d’illustration avec un découpage bien particulier qui lança un nouveau courant. Il y a eu une ré édition récente, alors je ne saurais trop vous inviter à la découvrir.

Son oeuvre devrait renaître grâce à un projet supervisé par le maître lui même. 13 épisodes de 3 minutes chacuns seront réalisé en Flash pour être publié sur Internet mais aussi en Broadcast avec un budget de 533 572 euros et un nouveau nom : "Arzak Rhapsody". Débutée en 2001 et devant sortir cette année : annonce.

-  Manabu Kusunoki : Designer de talent qui a officié auprès de 3 compagnies (à ma connaissance) : Sega/Sonic team et Artoon (des anciens de la Sonic Team a qui l’ont doit Pinobee : Wings of Adventure et Blinx the Time Sweeper, société fondé le 27 août 1999). Ses 2 principaux travaux sont Panzer Dragoon et Sonic Adventure.

- Les dragons : cliquez ici pour accéder à la page annexe.

PDO :

- ORTA :

Elle raconte les aventures d’une jeune fille nommée Orta. Elle est décrite comme ayant l’apparence d’une enfant de 13 ans et la prestance qui en découle. Mais elle est un véritable mystère, tout ce qui la concerne n’étant point connu. Emprisonnée, elle fût libérée par un dragon lors de l’attaque de la ville par 5 dragons montés par des soldats de l’empire et devra découvrir qu’elle est son destin. Si le jeu fait la part belle à l’action (très soutenues d’ailleurs), le fil directeur n’a pas été délaissé et renforcera l’intérêt comme il se doit. Je ne vous dévoilerais pas de détails sur l’histoire de cet épisode car cela serait vous gâcher le plaisir de la découverte.

- Comment ça se joue ?

PDO fait partit des shoots montés sur rail, c’est à dire que vous ne contrôlez ni le scrolling ni le personnage principal (même si une certaine souplesse est présente de ce coté là). Parmi les plus mythique du genre on citera les Space Harrier, Rebels Assault, Starblade, les jeux avec flingue (House of the Dead ...) ... Tout le plaisir consiste à se focaliser sur le tir et rien d’autre. La particularité des Panzer Dragoon c’est de ne pas proposer un gameplay simpliste, il vous faudra le maîtriser pour obtenir les meilleurs scores possibles (surtout en hard).

Le dragon possède 3 formes : Base Wing, Heavy Wing, et Glide Wing (Akihiko Mukaiyama, le chef de projet, a indiqué que ce système était inspiré par un de ses anciens projets : Magic Knight Rayearth). Vous pouvez passer de l’une à l’autre aussi souvent que vous le voulez par une pression sur le bouton Y. Chacune de ses formes possède ses propres caractéristiques. Le Heavy Wing ne vous permettra de ne locker que 3 ennemis, de plus étant massif il sera moins aisé de le mouvoir (le dragon suis le mouvement du viseur). Mais en retour il est celui qui à la plus grande puissance. Le Glide Wing est le plus petit et rapide, mais ne permet pas de cracher de laser.

Tirer est assez simple puisqu’il vous suffit de déplacer le viseur avec le stick gauche. Avec la forme de base et la heavy vous pouvez locker plusieurs ennemis (ou cibles) en laissant appuyer le bouton A et en déplaçant le réticule de visée, ce qui aura comme effet de faire cracher le laser de votre dragon (contenu dans sa gorge, apparaissant sous forme de gros tirs à tête chercheuse). Avec la forme glide c’est un tir automatique dont vous bénéficierez en laissant appuyer sur le bouton de shoot (l’arme de Orta). Quel que soit la forme vous pourrez utiliser le flingue en appuyant frénétiquement sur A. La forme de base est la plus équilibré mais pas toujours la plus adéquate. En effet la forme heavy vous permettra de faire de gros tirs bien dévastateurs alors que la forme glide vous permettra de contrer plus facilement. Oui vous avez bien lu, vous pouvez contrer les tirs ennemis et ce de façon très simple : il vous suffit de tirer dessus.

Le dernier point à retenir au sujet des attaques, et non des moindres, c’est le berserk. Au fur et à mesure que vous tirez sur des ennemis la barre en bas à gauche se remplira, une fois pleine vous pourrez libérer toute la puissance destructrice de votre dragon. Celle-ci étant propre à la forme choisie et présentant en plus d’une grande puissance de destruction l’avantage de vous rendre invincible, elle est couronner par celle de la forme Glide Wing qui vous redonnera de la vie.

Avec les triggers (gauche et droite) vous pouvez changer la vue, ou plus exactement la faire tourner d’un angle de 90° autour de vous. Si vous appuyez sur les 2 boutons en même temps c’est cette fois une rotation de 180° (quel que soit la direction vers laquelle vous regardez). Cela vous fera bénéficier d’une vue à 360°. C’est particulièrement utile vu que les ennemis vous attaqueront de tous les cotés, heureusement indiqué par le radar.

Parfois il vous sera nécessaire de chercher un échappatoire quand l’action se fera intense (trop d’ennemis, trop de tirs ...), et vous le trouverais en effectuant un dash. Il est accessible par le bouton X et fera profiter au dragon, recouvert par une aura protectrice, d’une courte accélération. Si des ennemis se trouvent proche de vous ils subiront des dégâts, mais ne vous y trompez pas : vous devrez l’utiliser avec parcimonie puisque limité par une barre qui se rechargera dans le temps. Mais la fonction ne se limite pas à cela, en autre parce que vous pourrez aussi décélérer. L’autre intérêt principal offert par ces 2 actions c’est le fait de pouvoir tourner autour de certains ennemis, parfois indispensable pour en venir à bout.

Tuer les ennemis vous sauveras la vie, vous fera gagner des points mais surtout vous feras gagner de l’expérience. Cette dernière vous permettra de monter en level pour les 3 formes de façon distinctive (chaque forme individuellement). Ce qui est intéressant c’est de gagner de l’expérience avec une forme pour en faire profiter une autre (en changeant au moment où les capsules arrivent). Cela se perçoit visuellement (les formes évolueront) mais aussi par rapport à leurs capacités. Le level maximum est le cinquième.

Le jeu est plutôt difficile pour un joueur qui découvre la série (et/ou le genre), et ce dès le mode facile (à la fin seulement), vous offrant un véritable challenge. Heureusement difficulté ne rime pas avec frustration, car ici tout est très bien pensé et équilibré. La réussite passe donc avant tout dans vos choix (formes, attaques ....), la compréhension du niveau et des ennemis, et votre dextérité à la manette. Mais ne pas s’y tromper, un joueur connaisseur le trouvera facile alors à lui de privilégier la plus grande difficulté dès le départ.

Evidemment suivre un chemin définit risquerait de nuire au replay, alors comme dans le second épisode vous avez plusieurs chemin possible (à vous de bien prendre le changement comme dans Out Run). Tout comme Road Rash ou House of the Dead le tracé est complètement différent, mais mieux encore les créatures à affronter aussi. On retrouve ici un des points forts qui à rendu Dracula X (le Castlevania de la PC-ENGINE) si célèbre.

Tout shoot them up se doit de proposer des boss, impressionnant et puissant, en fin de niveau. Et de ce coté là vous serez servit. Ils sont assez imposant, tous complètement différent et donc la façon d’en venir à bout aussi.

On a vu plus long comme jeu d’action, mais la durée de vie est ailleurs. Elle consiste, comme n’importe quel bon shoot (Spriggan, LOD, WOD, Rez ...), à refaire inlassablement le jeu de bout en bout afin d’améliorer son score, rechercher tout les chemins possibles, tactiques, chose à débloquer ... Débloquer ? Oui, la fameuse Pandora’s Box. La boite aux milles mystères qui vous permettra d’accéder au premier Panzer Dragoon (version PC, qui est une version identique - mais haute résolution- de la version Saturn), de visionner des vidéos (début et fin des autres épisodes), galerie, informations en tout genre sur l’univers du jeu et tableaux bonus (dont 1 partie sous forme de scénario basé sur un jeune soldat de l’Empire, mais je n’en dit pas plus). De ce coté là ils ont fait un travail de titan chez Smilebit, du travail à la hauteur du reste du jeu.

- La réalisation :

La XBOX marque une grosse évolution de la série au niveau technique, à l’image du morphing du dragon en temps réels. On notera l’absence d’éléments 2D dont faisait grand usage les épisodes de la Saturn, mais aussi la manière d’appréhender la conception 3D qui s’avère assez différente. En effet les polygones n’offraient que du flat avec un simple mapping sans artifices (lissage, antialiasing, transparence etc ...) alors que maintenant tout ce rapproche sérieusement de ce que l’on obtenait en rendu de synthèse. Certains passages du jeux, en particulier les cut scenes, sont plus que bluffant à ce sujet. L’intérêt principal pour le joueur, autre que celui de flatter sa vision, c’est celui du gain en dynamique.

Ce qui frappe d’emblée visuellement parlant c’est cette impression de jouer à un film interactif d’action comme Rebel Assault ou Scavenger 4 (Novastorm) à une grosse différence près : il ne s’agit pas d’un film mais bien d’un jeu exploitant les 3 dimensions et ce en temps réel. Il s’en suis une grande souplesse dans l’animation et le gameplay, comme les mouvements de la caméra. La modélisation des décors est d’un niveau plus que correct mais c’est d’avantage celle des différents personnages et créatures/véhicules qui m’a le plus interpellé. Détaillée comme vous le proposerez une illustration avec un joli jeu de couleurs, elles vous parviennent par le biais de myriades de textures fines et très détaillées mais aussi par celui d’effets en tout genre gérés sans outrance. Là où Otogi vous explosais les yeux avec ses effets dans tout les sens et par centaines, ici tout repose sur un travail plus artistique pour le rendu. D’ailleurs les fans de REZ retrouveront quelques référence à ce dernier, et ce n’est pas gâcher le charme qui découle de cette synthèse temps réelle. L’ensemble est très varié même au sein d’un épisode, que se soit du point de vue des créatures que des décors.

On remarquera tout de même que le design a évolué depuis la Saturn, certains regretteront l’ancien mais combien même ils leur revient de droit de reconnaître la qualité du travail effectué. Tant que l’on est dans les changements, la police de caractère à elle aussi changé et là par contre c’est bien dommage. Il est à noté qu’il n’y a seulement que 3 vidéos en cours de jeux et ce n’est pas plus mal. On profite mieux ainsi du superbe moteur du jeu.

L’animation en 60 images secondes ne faiblira pas un instant, même lors des affrontements avec l’armada avec ses vaisseaux de tailles imposantes. Les tirs fuseront dans tout les sens, et leurs effets aussi. Mais je ne parle pas forcément que du visuel pour les effets, car la bande son est du même niveau avec une très bonne exploitation du chipset de la XBOX et du 5.1. Il en ressort une ambiance forte qui vous clouera au fond de votre siége, donnant l’impression d’être au coeur d’une grande bataille renforcée par la qualité du doublage (et du langage assez agréable à l’oreille avec sa consonance musicale). Ses musiques, dont je ne cesserais de dire qu’elles sont merveilles parmi les merveilles, sont dans la mouvance des autres opus.

P.-S.

Il vaut quoi au final ?

Il aura fallut 18 mois à Smilebit pour accoucher de ce gros bébé et cela n’a pas été peine perdue. Dans le langage du jeu Orta veut dire renaissance, on ne peut mieux dire étant donné que la dernière console de Sega (la Dreamcast) n’aura pas bénéficié d’un épisode de la série et aux vues des nombreux nouveaux éléments comme Orta elle même (première héroïne de la série). La réalisation est aussi représentative pour la console que ne le sont les anciens épisodes pour la Saturn, et permette une plus grande richesse visuel, sonore mais aussi point de vue gameplay. Les évolutions sont bien pensées et ne trahissent nullement le reste de la série. Normal me direz vous puisqu’une partie de la Team Andromeda à participée au projet. Pas de déception pour les fans et pour les autres aucuns risques de ne pas avoir un titre qui ne sait pas tirer parti de la machine et encore moins dénué d’intérêt. L’ensemble de la réalisation est couplé à une maniabilité sans faille, parfaitement adaptée à la manette. Le seul point manquant c’est l’absence d’un mode multijoueurs mais ses créateurs ont envisagée une séquelle sous forme d’un tactic jouable on-line.

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0