Sokutsu

Gaiden

Furai no Shiren : Asuka

Onna Kenshi Asuka Kenzan

samedi 23 février 2002, par Areyos Alektor

Asuka va nous entraîner dans une aventure constituée de donjons aléatoires aux couleurs pastel dans une ambiance teintée par le Japon féodal.

Chunsoft est une société fondée en 1984 à Tokyo et spécialisée à l’origine dans les jeux d’aventure pour NES. Avec à peine plus de 40 personnes au sein de son staff, elle fait figure de petite entreprise comparé aux tentaculaires que sont Enix et Square Soft. Ils ont réussi toutefois à imposer leur style grâce à leur série à succès au doux nom de Mysterious Dungeon (Fushigi no Dungeon) et en participant au développement de Dragon Quest.

Cette série est en fait initialement un gaiden (spécial) de Dragon Quest 4 (Dragon Warrior 4 en US), racontant l’histoire de Torneko (Taloon) que vous rencontrerez dans le 3ème chapitre de DQ4 et qui se décidera à créer son propre magasin pour devenir le meilleur vendeur du monde. Ce titre porte le nom de Fushigi no Dungeon : Torneko no Daibouken, et est sorti sur Super Famicom. Il partira donc à l’aventure pour traverser les extraordinaires donjons du monde de Dragon Quest, histoire de collecter de quoi fournir son magasin en merveilles, et surtout de trouver la légendaire « boîte du bonheur ». Ce jeu réalisé pour le compte d’Enix, eu le plaisir d’avoir une suite : Torneko : The Last Hope sur Playstation (Design par Akira Toryama).

Le deuxième épisode des Mysterious Dungeon arriva sur Super Famicom sous le nom de Fushigi no Dungeon 2 : Furai no Shiren. On nous y fait vivre les aventures de Shiren qui veut monter en haut de la montagne pour voir le mystique Condor Doré vivant dans le village des Anciens. Shiren n’apporta pas qu’une nouvelle histoire et un nouvel héros. En effet, le monde déjà s’avère complètement nouveau puisque n’étant pas celui de Dragon Quest. De plus chez Chunsoft, on a tenu compte des défauts de Torneko pour obtenir un titre mieux fini (réalisation somptueuse, et jeu plus équilibré). Le système de jeu reste donc dans la lignée de Torneko, mais apporte son lot de nouveauté et quelques remaniements bien sentis.

La Nintendo 64 fit ensuite son arrivée, et la société resta fidèle à Nintendo. Il leur fallut 3 ans de développement acharné pour accoucher du fabuleux Furai no Shiren 2. On y retrouve donc le sympathique Shiren (âgé ici d’environ 10 ans) et son compagnon, l’écureuil doué de parole nommé Koppa. Cette fois-ci, il veut protéger un village en bâtissant un château, suite à l’attaque de démons peu après son arrivée dans celui-ci. Pour ce faire il va devoir récupérer les éléments nécessaires à sa construction (pierre, métal, eau, terre et bois). S’ensuit donc une longue aventure qui lui fera croiser en chemin d’autres personnages tout aussi attachants, dont Asuka qui l’accompagnera en tant que personnage non joueur.

Ici la grande nouveauté est le passage à la 3D, dans le but de proposer une réalisation à la hauteur du système de jeu. Les décors sont donc entièrement en 3D et les personnages en 2D (sprites obtenus par rendu en images de synthèse), ce qui permet une dynamique assez importante dans l’animation (les effets exploitant bien les possibilités de la console). Il n’est donc pas surprenant de voir que les cut-scenes font appel au moteur du jeu. Pas de souci quant au rendu final de l’ensemble, puisque très coloré et dans le même esprit que les autres épisodes de la série. Le résultat est vraiment magique et pour moi il s’agit du plus beau jeu de la console (à mes yeux le trio à posséder sur N64 est Furai no shiren 2, Ogre Battle 64 et Sin & Punishment). A noter que Koichi Sugiyama s’est occupé des musiques du jeu (compositeur des musiques de Dragon Quest).

Il existe une version PC de Furai no Shiren, ainsi que Furai no Shiren for GB (Game Boy), Furai no Shiren for GB 2 (Game Boy Color) et Torneko 2 (Game Boy Advance). Et bien évidemment Enix n’est pas la seule société à avoir fait appel à eux. Square Soft est aussi de la partie, puisque Chunsoft a réalisé pour eux 2 spéciaux Chocobo de Mysterious Dungeon sur Playstation. Aujourd’hui c’est au tour de Sega, cela peut étonner mais les raisons évoquées sont fort simples : Sega avait annoncé soutenir la DC jusqu’à la fin de l’année fiscale 2001 (31 mars 2002) et pour cela il leur fallait des titres, et chez Chunsoft on voulait continuer l’histoire. Pour eux la Dreamcast était la machine la plus adaptée... en attendant un Mysterious Dungeon 3 sur GameCube ?

Furai no Shiren Gaiden : Asuka

Dernier né de la série, le jeu revient à un moteur plus traditionnel : la 2D. Cela est facilement compréhensible vu qu’il leur a fallu 3 ans pour réaliser le dernier opus des Shiren et là, il est évident qu’un temps aussi long n’était clairement pas possible, sans oublier que le budget n’est pas le même. Pourtant il n’y a aucune incidence sur le jeu, vous vous demanderez sûrement pourquoi si vous n’avez pas jouer au titre N64. Je dirais simplement que le système de jeu et le déroulement se faisait en 2D, la 3D n’étant là que pour la réalisation. De plus, vu la puissance de la Dreamcast, une réalisation n’ayant pas à rougir en comparaison était tout à fait concevable (que l’on n’ait tout de même pas l’impression d’une régression). L’histoire est un complément de celle de Shiren, et fait un peu penser à Manjimaru et Kabuki Den (Tengai Makyo 2 et Gaiden sur PC-ENGINE). On retrouve donc le même monde, les mêmes ennemis et objets. Ainsi qu’exactement le même système de jeu pour le plus pur bonheur des fans. Bien évidemment même si un lien est présent, Asuka est un titre à part entière. Le jeu commence lorsque des ninjas d’un village voisin passent à l’attaque, il n’en faut pas plus pour que la guerrière qu’est Asuka passe à l’action, et finisse par décider de partir à l’aventure pour devenir plus forte. On reste donc toujours dans l’optique d’une histoire sans fioriture et d’une scénaristique allégée. Le résultat est fort simple : tout repose sur le système de jeu, et pas de vidéos durant 3 heures ou de blah blah à tout bout de champ. Le jeu ne plaira pas à tout le monde mais ravira les passionnés de Dungeon-Like.

Système de jeu

Au début il vous sera proposé de garder Asuka comme nom ou d’en choisir un, tout comme pour Koppa qui lui aussi se porte présent.

Au premier abord, le jeu s’avère assez simple à prendre en main. Il s’agit d’un jeu d’aventure/action, comprenez par là que vous frappez en temps réel et vous voyez les ennemis. Mais contrairement à Zelda, quand un combat commence vous êtes « lié » à votre ennemi, de plus les coups se font un peu sous forme de tour par tour. Par contre pas de contre disponible (oki c’est nul…). Vous frapperez en tapant sur le bouton A, et si vous laissez votre doigt appuyé dessus, Asuka frappera d’elle-même lorsque c’est possible. Les ennemis sont assez originaux, certains s’avèreront même plutôt tordus. Ils vous feront gagner de l’expérience en mourant.

La force du système réside dans le fait que les donjons sont générés aléatoirement. SEGA annonce 1 000 possibilités ce qui laisse présager que l’on ne se lassera pas du jeu du fait de devoir refaire tout le temps les même chemins et de voir toujours tout à la même place. Car quand je dis aléatoire c’est aléatoire. Donc les cartes, ennemis et objets sont à chaque fois différents. En fait ce sont des blocs qui sont sélectionnés à chaque fois et s’assemblent parfaitement (pas de liens étranges ou de zones inaccessibles, etc…), alors histoire de casser ce côté « carré » il est possible de se déplacer en diagonale, résultat le chemin ne sera pas uniquement formé d’angles droits.

Le déroulement est fort simple, vous vous déplacez de ville en ville (7 en comptant celle de départ) en traversant les donjons (intérieurs et extérieurs). Plus vous avancez et plus les donjons sont longs et difficiles. Pour vous donner une idée, pour atteindre le second village, vous avez 4 tableaux à traverser et la difficulté n’est pas élevée. Mais pour atteindre le troisième village, il y a 8 tableaux à traverser et la difficulté est au moins doublée. Vous rencontrerez différents personnages non joueurs dont certains se joindront à vous.

Là où ça se complique, c’est que dès lors où votre vie atteint zéro, vous êtes morts. Vous allez me dire : oui et ? Et bien vous recommencez tout à zéro !!! Donc vous perdez votre level, vos items et l’argent collecté. Et n’espérez pas remédier à cela avec la sauvegarde, puisque tout est gardé en mémoire par son biais. Evidemment, est conservé le temps où vous avez joué et le nombre de fois que la mort sera venue vous rendre visite. Il est toutefois possible de laisser des objets dans les villages, voire de conserver votre argent et votre équipement en utilisant un parchemin spécifique.

Les tableaux sont tout ce qu’il y a de plus classique, comprenez par là décors, ennemis et objets. Avec dans certains de mauvaises farces du style pièges à loup, éboulis, flèches venant des murs etc… Pas d’énigmes, mais le jeu n’en a vraiment pas besoin surtout avec le côté aléatoire.

En plus de votre barre de vie, il vous faudra surveiller une barre bleue se situant en dessous de cette dernière. Il s’agit de votre énergie. Il sera donc nécessaire de vous nourrir car à chaque mouvement (déplacements et actions) elle va diminuer. Une fois à zéro, c’est votre vie qui diminuera à chacun de vos efforts. Lorsque votre barre d’énergie est basse, le ventre de Asuka se mettra à gargouiller. Si vous vous faites un stock de nourriture et que vous attendez trop pour vous en servir, il faudra vous attendre à des effets secondaires comme la barre d’énergie qui ne remonte qu’en partie et que vous perdiez de la vie, que vous vous endormissiez voire que vous soyez aveuglé pendant un temps : le jeu s’assombrit mais vous voyez quand même si vous êtes frappée - Oui un « e » parce que Asuka est une fille. Comment ça vous vous ne sentez pas concerné ???

La croix de direction sert à déplacer l’héroïne, quant au stick il sert aussi à se déplacer mais en courant. Un peu comme si vous accélériez le temps, ce qui veut dire que les ennemis se déplacent aussi plus rapidement et que… Ah oui ! J’ai oublié de vous parlez d’un truc bidule. N’espérez pas camper, car histoire de vous faciliter (où vous gêner ?) la tâche, la carte vous sera révélée au bout d’un moment avec les ennemis indiqués dessus. Et si vous continuez à tourner dans le tableau vous serez amené à la sortie, et si vous vous acharnez encore vous serez… renvoyé au tout début. A chaque fois cela se manifestera par l’arrivée d’une bourrasque de vent (l’effet Shiren ?).

Lorsque vous êtes en ville, ni votre vie ni votre énergie ne bougera donc ne baissera pas, mais vous ne pourrez pas vous régénérer à moins de dormir. Chacune d’entre elles est complètement différente des autres et dans le plus pur style médiéval japonais, tout comme les musiques leur servant d’environnement sonore.

Votre vie remontera toute seule si vous vous déplacez, donc le mieux est de tourner en rond dans la même « partie » du tableau pour ne pas prendre trop de risques. Vous pourrez au choix afficher la carte en surimpression ou pas. Evidemment qui dit une touche de RPG, dit fiche de personnage avec caractéristiques et inventaire. Si un personnage vous gêne, pas la peine de tout casser en vous énervant. Un effleurement tout en douceur de la touche Y vous permettra d’intervertir votre position avec le méchant enquiquineur qui vous empêche de marcher tout droit. La même touche vous servira à courir dans les villages.

Lorsque vous traverserez des intérieurs (donjons), le jeu utilisera un système d’éclairage ne vous permettant de ne voir que ce qui est proche mais dès que vous rentrerez dans une pièce elle sera visible dans sa totalité. Le jeu propose quelques nouveautés dans le système de jeu par rapport à Shiren 2. La plus grosse est le mode on-line qui permet un mode coopératif, de télécharger de nouveaux objets et techniques. Ce mode passe par isao.net, le système Internet de Sega Japon et est compatible avec le BBA. Le jeu est long et particulièrement difficile, donc ne pas se fier à son côté Kawaï et légèrement enfantin. Il vaut mieux procéder tranquillement et en faisant bien attention. A noter qu’il y a des tableaux bonus, donc pas obligatoire pour finir le jeu.

Objets

Vous pourrez acquérir différents objets pendant votre quête, outre les bracelets, armes et boucliers, vous pourrez avoir de la nourriture, des herbes, des pots, des parchemins, baguettes magiques et quelques autres items. Les caractéristiques des objets vous sont indiquées et même sans parler japonais, il est possible de comprendre sans difficulté.
Les pots ont différentes fonctions comme le stockage (excellent pour la nourriture), les combiner, modifier et ainsi de suite.
Les armes , boucliers et bracelets peuvent être améliorés en allant chez le forgeron. Cela les fera monter d’un niveau, le nombre de niveaux maximum dépend de chaque item. Ils ont des propriétés qui leur sont propres, et les faire monter d’un niveau les améliorera voir débloquera de nouvelles fonctions. Les bracelets peuvent être brisés en cours d’utilisation.
Un petit conseil, avant de partir à l’aventure, pensez à parler à la grand-mère se trouvant dans la pièce à droite de votre lit. Elle vous donnera une ration de nourriture et croyez-moi c’est pas superflu. N’hésitez pas à utiliser votre argent et revendre les items dont vous ne comptez pas vous servir. Dans le deuxième village, allez tout en haut à gauche et parlez au gamin qui se trouve dans la première pièce du moulin. Les items qu’il vous vend sont des petits lutins mécaniques qui vous seront très utiles après puisqu’ils vous suivront quand vous les activerez. Leur utilité ? Se battre tout simplement, alors n’hésitez à en prendre au moins un. Je vous laisse chercher un peu mais n’hésitez pas à laissez un message sur cet article si besoin.

Ouvre tes esgourdes, et laisse le vent te conter sa mélopée

Un des plus beaux jeux 2D qu’il m’ait été donné de voir. C’est fin, détaillé et surtout TRES coloré, le tout dans des tons pastel faisant oublier que l’on a affaire à des CG. Graphiquement dE la même veine que les épisodes précédents, à savoir un Japon féodal superbement retranscrit dans un monde mignon tout plein. Par contre il est dommage que les concepteurs n’est pas utilisé la 3D pour les effets, comme ZWEI !! sur PC, ce qui fait que la DC n’est pas pleinement exploitée. En tout cas c’est fluide, très rapide et il y a parfois un nombre d’ennemis à l’écran plutôt conséquent. Les animations des personnages sont de bonne qualité, et parfois un zoom est utilisé pour donner une sorte d’effet de travelling. Des animations sont présentes dans le décor et confèrent à l’ensemble un côté vivant plutôt agréable. Les effets sont assez bien animés mais uniquement en 2D et ne sont pas particulièrement impressionnants, il y a donc moyen de faire encore mieux.

Le japonais ne gênera pas particulièrement, sauf pour la compréhension des menus. Mais après un peu de tâtonnement, ceux qui ne parlent pas japonais pourront se débrouiller sans véritable souci. Le système s’avère bien pensé et très efficace. Et la prise en main est assez intuitive mais, car il y en a un, le jeu est très très difficile. Il est fait pour les plus endurcis, un débutant risque de s’en arracher les cheveux et passer la console par la fenêtre.

Les musiques sont somptueuses et participent grandement à l’ambiance fabuleuse qui émane de ce jeu, elles sont dans le style classique japonais. Les bruitages sont riches et particulièrement réussis. Il manque tout de même des bruitages d’environnement pour atteindre la perfection (cascade, moulins …).

On accroche très facilement à ce titre, et on a plutôt du mal à en décoller. La durée de vie est plus que conséquente, et l’envie d’atteindre le village suivant grandit au fur et mesure que l’on s’attache à ce petit monde et que l’on s’habitue au système.

P.-S.

La Shiren philosophie te tend les bras

Si vous êtes fan de ce genre de jeu, que vous aimez les jeux difficiles avec une ambiance mythique et mystique, alors ce jeu est fait pour vous. Les fans de série comme Tengai Makyo, ou des Mysterious Dungeon tout simplement, seront comblés. Il s’agit d’un beau cadeau que Sega et Chunsoft nous ont fait là. Non seulement il s’agit d’un titre oldschool de qualité, doté d’une superbe réalisation, mais en plus il exploite le on-line de la console. Avec l’arrivée du Dreamkey 3 en Europe, il n’y a pas de raison pour ne pas en profiter. Ce titre m’a beaucoup fait penser à Magic Knight Ray Earth dans sa réalisation (hors vidéos), la durée de vie en plus.

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